L'arbre qui rêve
L'arbre dort debout, et dans son sommeil vertical, il rêve. L'arbre qui rêve prête une vie intérieure à l'arbre, lui accorde cette capacité onirique que nous nous réservons d'ordinaire. De quoi rêve un arbre ? De ses racines qui plongent toujours plus profond, de ses branches qui touchent le ciel, des saisons qui passent, des oiseaux qui le visitent ? C'est l'arbre dans sa dimension la plus intime, celle de son monde intérieur.
Sur la toile, la composition peut suggérer cet état de rêve : peut-être un arbre central dont les contours se font plus flous, plus immatériels, entouré d'éléments qui pourraient être ses rêves – formes vaporeuses, images qui flottent autour de lui, superpositions qui évoquent les strates du rêve. Les couleurs peuvent se faire plus irréelles, plus oniriques : peut-être des teintes adoucies, des passages subtils entre les tons, des touches de lumière qui ne correspondent pas à une source logique. L'atmosphère générale est celle du rêve : douce, un peu floue, hors du temps ordinaire. La matière picturale accompagne cette qualité onirique : peut-être des glacis qui créent de la transparence, des superpositions qui évoquent les couches du rêve, des contours qui se dissolvent. L'huile permet ces effets de flou, ces passages entre le net et le vaporeux, cette sensation d'être dans un entre-deux où la réalité se mêle au songe.
L'arbre qui rêve est une invitation à l'empathie végétale, à imaginer la vie intérieure des arbres. C'est reconnaître que notre place dans le vivant nous invite à dépasser l'anthropocentrisme, à prêter aux autres êtres une richesse intérieure. Un instant où l'arbre devient sujet plutôt qu'objet, où nous acceptons qu'il puisse avoir ses propres kibou no yume – ses rêves d'espoir – et que la forêt tout entière soit peut-être un grand rêve collectif.
Technique : Huile sur toile lin
Dimensions : H 80 x L 80 cm

